African Economic Forum 2013

  • Monday, Apr 11 2011
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Lors de la 5ème édition de l’African Economic Forum organisé par la fondation Marcel Zady Kessi sur le thème de : « Aides publiques et privées au développement en Afrique : Quels changements pour le développement ? », Jean-Michel Lavoizard, DG d’Aris-Intelligence est intervenu le 30 octobre sur le thème :

 


« Instauration de la Paix et de la Sécurité – considérations pour une prise de conscience et de décision éclairée et responsable »


 

Pas de développement sans conditions acceptables de confiance et d’optimisme. Parmi ces conditions d’ordres humain, politique, technique, financier, environnemental, se pose la question de la stabilité (dans la durée) et donc de la paix et de la sécurité, actuelle et à venir (selon les échéances électorales, des grands programmes, des grands projets, etc.).

Cela nous ramène au processus de décision car pour qu’il y ait utilisation de l’aide, il doit y avoir au préalable attribution de l’aide, et il n’y a pas d’attribution sans décision éclairée et responsable.

Sans idéalisme mais avec réalisme, il convient de parler de seuil d’acceptabilité du risque (selon les critères d’occurrence, de gravité, de perception, d’exposition). Or, de quelle « paix » et « sécurité » (et donc de quels risques) parle-t-on et de quoi le processus de décision a-t-il besoin d’être alimenté ? ; Quelle est la situation actuelle en Côte d’Ivoire et ailleurs sur le continent africain (tendances) ? Comment améliorer la situation ?

De quelle « paix » et « sécurité » parle-t-on et de quoi le processus de décision a-t-il besoin d’être alimenté ? ; quelle est la situation actuelle en Côte d’Ivoire et ailleurs sur le continent africain ?

L’approche par l’Intelligence Economique & Stratégique, ou la maîtrise de l’Information aux fins de décision et d’action.

En toutes choses : « séduire, convaincre, rassurer »

La maîtrise de l’Information, matière première rare qui est pourtant au cœur de la décision, facteur clé de succès pour réussir et protéger ses projets sur un continent africain en cours d’arrimage à l’économie mondiale, dont il devient l’un des principaux relais de croissance. C’est ce qu’apporte l’Intelligence Economique & Stratégique (IES), fondée sur une culture d’entreprise collaborative, un mode d’organisation apprenante et sur des méthodes et des techniques de recueil, de traitement, de diffusion et d’exploitation d’informations aux fins de décision et d’action.

L’Intelligence économique est souvent connue au travers de la veille, qui en est effectivement le socle permettant de détecter et de capitaliser des données et des informations ouvertes issues de ressources documentaires mais aussi de connaissances, de compétences et de retours d’expérience partagés, capital immatériel d’une entreprise. Cette approche réductrice masque d’autres disciplines et démarches complémentaires qui permettent d’accompagner efficacement les opérateurs et les investisseurs tout au long du continuum de leurs affaires.

Au commencement, il y a un besoin.

Dans un environnement concurrentiel caractérisé par une forte demande et par une offre croissante, il est essentiel de détecter et de valider au plus tôt des opportunités avec la visibilité nécessaire (I). Il est crucial d’en anticiper et d’en réduire les risques afférents, selon une approche responsable car éclairée et mesurée de gestion des risques (Risk Control) (II). Enfin, il est vital de pouvoir résoudre de façon déterminée et efficace, par des méthodes légales et sur la base d’informations fiables, les immanquables problèmes qui surviennent quand les étapes précédentes n’ont pas été franchies sérieusement ou que surgissent des évènements imprévisibles (Crisis Management & Investigations) C’est particulièrement vrai en Côte d’Ivoire, qui se remet d’une longue crise politique et économique.

a. Saisir au mieux des opportunités.

Un complément de visibilité : c’est le premier besoin naturellement ressenti par un décideur en quête de développement de partenariat, d’acquisition, de fusion, d’implantation ou de diversification géographique ou sectorielle. Or, de par sa position géographique, l’importance de ses ressources et la taille de son marché, la Côte d’Ivoire retrouve progressivement une place centrale et stabilisatrice dans la sous-région. Dans la dynamique d’une sortie de crise largement soutenue par la communauté internationale, les traditionnels secteurs primaire et secondaire d’activité qui se modernisent, se diversifient et se valorisent par des processus de transformation, ainsi que les activités de services qui les accompagnent, offrent des opportunités inédites aux opérateurs et aux investisseurs locaux et internationaux.

Pour cela, les études macro-économiques réalisées à distance par des cabinets et des organismes internationaux, ainsi que les présentations et les rencontres officielles organisées sur place lors de brefs passages à Abidjan, apportent un premier niveau utile d’indications et de tendances mais non suffisant pour appréhender la réalité à un niveau de fiabilité et de granularité nécessaires. A la transparence de façade qu’entretient l’économie mondiale sur la base d’une profusion d’informations ouvertes et immédiatement disponibles à l’apparence rassurante, s’ajoute dans les économies africaines une difficulté flagrante à disposer d’informations utiles, pour des raisons culturelles et historiques qu’il serait trop long de développer ici. Or, les études ne valent que par la valeur des informations sur lesquelles elles reposent.

Pour pallier ce manque de fiabilité et de précision des informations ouvertes et déclarées, une étude locale et spécifique de marché permet d’en vérifier le contenu et de les compléter par des informations originales, recueillies discrètement et légalement auprès de diverses sources ouvertes et non ouvertes. L’analyse approfondie et contextualisée de ces informations recoupées amène à des conclusions argumentées et à des recommandations utiles à la prise de décision et à l’élaboration d’une stratégie efficace. Une connaissance fine et actualisée de la règlementation nationale et régionale, ainsi que la cartographie fidèle et actualisée des acteurs de décision et d’influence, au-delà de ce qu’indiquent les organigrammes officiels, doivent faire l’objet d’une attention toute particulière.

b. Prévenir et réduire des risques (Risk Control), pour sécuriser les opportunités.

Corollaire naturel et inévitable du développement des économies africaines et du redécollage économique de la Côte d’Ivoire dans un cadre désormais mondialisé, des formes aggravées ou nouvelles de risques apparaissent, qui non seulement menacent la profitabilité d’une activité mais peuvent mettre sa survie en péril. Des facteurs endogènes de risques sont apparus, conséquences d’une décennie de crise nationale, ainsi que d’autres, exogènes, liés à l’ouverture au commerce international et à l’inter dépendance que celui-ci entraine.

En Côte d’Ivoire, on observe des signaux contradictoires, dont certains sont révélateurs de risques. Ainsi, à l’approche des élections présidentielles de 2015, les dimensions politiques et électorales sont à considérer à la lumière des dernières échéances et de l’évolution du paysage politique national. Dans les domaines administratif et fiscal, juridique et judiciaire, on note par exemple des mesures qui se veulent rassurantes ou incitatives telles que la création d’un tribunal de commerce ou l’ouverture d’un guichet unique pour la création en temps record d’une entreprise, au côté de révisions longues et difficiles de codes d’activités économiques et de nouvelles taxes dissuasives. Dans le domaine sécuritaire, la multiplication d’incidents armés et d’atteinte à la sécurité des biens et des personnes sur le territoire national ne semble toutefois pas être, actuellement, de nature à représenter un risque de déstabilisation nationale, ni constituer un niveau d’insécurité supérieur à de nombreux autres pays.
En réalité, quoique le risque zéro n’existe pas et que la prédiction des évènements ne soit pas une science exacte, il est possible de prévenir et de réduire les risques, au cas par cas selon la nature des activités et le déploiement géographique des opérateurs dans leurs zones d’action et d’intérêt, dans une période considérée. Ainsi, des vérifications préliminaires (due diligence) sur l’activité passée et présente des personnes morales et physiques, permettent d’en anticiper et d’en évaluer la réputation et l’intégrité, mais aussi les risques de fraude et de malversation, de mauvaise transaction et de non performance. De même, une étude globale, pratique et actualisée à partir d’informations fiables, permet d’évaluer les risques afférents à un pays ou à un marché (risques-pays) dans toutes leurs dimensions, dans la zone d’action de l’opérateur et sa zone d’intérêt, selon des critères d’occurrence et de gravité, de perception et de réelle exposition. Sur la base de scenarios possibles préalablement étudiés, la réalisation de plans de continuité des affaires permet le cas échéant d’adopter des mesures conservatoires tout en préservant autant que possible tout ou partie de l’activité.

c. Piloter des crises et des investigations (Crisis Management), pour gérer des crises et résoudre des situations difficiles.

En appui à des stratégies de défense d’intérêt, l’intelligence économique opérationnelle permet d’alimenter des dossiers juridiques voire judiciaires par des informations et des éléments de preuves recueillis de façon discrète et légale qui en autorise si besoin l’utilisation en justice. Ainsi, des méthodes performantes, légales et éthiques aident à faire valoir ses droits, à faire cesser un préjudice et à obtenir réparation face à des fraudes et autres pratiques délictueuses, des campagnes de déstabilisation par l’image et la réputation, au non recouvrement de dettes souveraines et commerciales, à l’atteinte à la propriété intellectuelle et industrielle, au commerce illicite et à la concurrence déloyale, à tout litige commercial et insolvabilité organisée.
Selon des méthodes et des procédures organisées, si besoin au sein de cellules de gestion de crise, l’intelligence économique et stratégique permet ainsi de reprendre l’initiative au plus haut niveau dans des situations conflictuelles tout en assurant autant que possible la continuité des affaires selon des plans pré établis.
Selon un processus d’amélioration continue, l’accompagnement par des praticiens en intelligence économique, chercheurs, analystes et conseillers au contact des réalités locales, offre la possibilité de renforcer les défenses immunitaires d’une entreprise au fil des difficultés rencontrées, en intégrant les leçons apprises par l’expérience.

Comment améliorer la situation en Côte d’Ivoire (et ailleurs) ?

Mieux rassurer dans une relation de partenariat : un vrai potentiel, une vraie volonté, des risques acceptables et maîtrisables
Passer des discours aux réalités, des promesses aux réalisations
Vers une vraie transparence, aller au fond des choses en autonomie croissante, et sortir de la conformité au moindre coût
Vers une exigence-conditionnalité décomplexée et un meilleur contrôle-évaluation de la part des bailleurs et des investisseurs
Adopter une démarche de performance, de qualité, dans un cadre entrepreneurial libre.


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